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Walter CIANDRINI à la Chapelle Saint Libéral à Brive

En collaboration avec le Musée Labenche de Brive, Maecene Arts présentera les oeuvres de Walter CIANDRINI du 27 mars au 19 avril 2020 à la Chapelle Saint Libéral.

 

Les Immortels

“Quand s’approche la fin, il ne reste plus d’images du souvenir. [...] Bientôt je serai Personne, comme Ulysse, bientôt, je serai tout le monde.” La première Nouvelle de l’Aleph de BORGÈS me vient spontanément à l’esprit à la vue de ces tableaux, de ces figures.

Les oeuvres de Walter CIANDRINI ont comme dénominateur commun une représentation anthropométrique essentiellement à travers des visages et des bustes, des dédoublements en boucle, sans en finir ...

L’approche ne se limite pas à cette apparence picturale, elle nous projette dans un concert polychromique de figures crépusculaires, lointaines, vagues, sans contexte autre que le temps, la vie exprimée par l’engendrement des corps, de sa progéniture. Comme l’a fait WA(GN)ER dans Lohengrin avant WA(LT)ER, il peint dans ses tableaux l’heure du coucher de soleil en musique sous différentes projections du visage.

Un être pluriel dont on ignore l’origine, le point d’ancrage, se fait, se défait, se consume, renaît de ses cendres tel un phénix. Ces figures en aplat sont construites sur le même modèle, elles ont pour ainsi dire le même pattern. L’étoffe peinte est imaginaire, à dominante ocre-rouge, avec des tonalités de feu, de braises volcaniques. L’expérience est mystique. Il y a là quelque chose de fictif, d’envoutant, de rituel dans ces démultiplications insistantes (obsessionnelles ?), peut-être un chant sacré, un mythe, une révélation ?

Ces silhouettes relèvent d’un univers proche d’un art pariétal étonnamment très contemporain. Lorsqu’on franchit la porte des galeries souterraines, on découvre ces présences brûlantes, à la lueur d’une torche tandis que des filets d’eau s’écoulent sur les parois des grottes. On devine des coups de silex sur les surfaces rocheuses.

Seule la main par son tracé signifiant (émanations du réel) dessine intuitivement des pictogrammes dans un lointain nocturne, des indices simplifiés de figuration : un nez codifié très allongé, des yeux tournés vers soi, une bouche primitive en deux traits horizontaux plus épais, l’extériorisation d’une silhouette humaine. Le trait dessiné orchestre et désigne une identité méconnaissable, hallucinée, qui est à la fois une et multiple, infinie.

L’artiste dessine à l’encre ou au pastel des lignes à haute tension qui s’enlacent en flux hésitants mais continus. Des contours lézardés, frémissants, tendres mais douloureux comme des cicatrices, chuchotent, grondent parfois, à l’oreille du contemplateur, de l’auditeur que nous sommes peut-être. Le dessin semble être brodé au point zigzag avec un fil et une aiguille. Au fil du trait, l’encre coule, s’écoule, ruisselle en filigrane sur le support. Par le biais du dessin, l’artiste semble lâcher prise, laisser une part de hasard s’exprimer non sans une certaine émotion. Le trait indécis, nerveux, frileux, est touchant de vérité.

Les couleurs se fondent, débordent horizontalement dans une fusion optique, une matière ductile et grave, cuivrée, contrecarrée par la légèreté, une fragilité détonante, aiguë, du graphisme.

L’atmosphère est à la fois artificielle et authentique. Ces vies irréelles, fantasmatiques, se confondent, se démultiplient, s’assemblent, se projettent dans une frontalité centrale sans profondeur. Sur un arrière-plan généralement désertique, silencieux, une palette polyphonique chromatique vibre de manière récurrente. La même gamme harmonique s’écoute en boucle, le coeur des couleurs résonne en accords majeurs.

Ici et là des compositions se jouent non plus dans des rouges flamboyants, calcinés, mais dans des bleus nuits embrumés ponctués de lumière, des alchimies chromatiques plus mélancoliques, entre chaleur et froideur, clarté et obscurité. Les sons montent, les valeurs en partie dissimulées dans les parties sombres, les basses profondes, ne se révèlent que peu à peu.

Derrière ces alliages de couleurs, ces brouillards d’eau fangeuses de figures qui émergent et font face, il y a comme un souffle endormi, une âme secrète. L’expérience est spirituelle, ascensionnelle. Le rêve reprend, se prolonge et se répète chaque nuit, je le connais d’avance. Qui suis-je ? Est-ce moi qui regarde ou l’autre, celui qui rêve ?

 

Marie-Hélène BARREAU MONTBAZET

 Vice-présidente de Maecene Arts Docteur en histoire de l'art