Artiste référencé Maecene Arts


L'origine du monde de Patrick ROGELET

Patrick ROGELET's last work


Dessus dessous ... "Première tentative" 2017
Dessus dessous ... "Première tentative" 2017

Digression surréaliste

Le mineur de fond défriche à corps et à cœur la feuille de papier vierge, blancheur matricielle sans atours, ses détours. Quelques préliminaires, calculs numériques pointilleux dans les plis des-nuées.                                                                                                                            

 

Entrée en matière, découvrements indiscrets, déchirements: les fouilles ont lieu dans une chambre magmatique, passage secret d'un jardin botanique. Après prospections sur la page, transactions délicates en coulisses, l'écartèlement au col se fait entre deux dimensions, ondulations clapotantes, bruissements voilés, essaim de pigments aro-chromatiques, éclosions miraculeuses. Érotisme méta-floral, écluses chancelantes et corolle de d'hélices embrasée. Soulever à la légère un coin de l'alcôve pour entrevoir l'orifice. Émancipations acrobatiques. L'antre est vorace. Dans les entrailles du papier une spatialité à géométrie variable. La progression s'effectue par plans successifs, mouvements périphériques cadencés.

 

La mine furtive usurpe mais ne mime en rien, elle aiguillonne lentement, s'émousse, se plie avec ferveur à tous les effets de perspective, décolle des feuillures à fleur de peau, pénètre la chair béante du papier qui frissonne. Il faut souvent prendre du recul, jouer avec l'ombre et la lumière radieuse, exa-miner les cimes virevoltantes, l'entre deux, l'ab-sens, l'ab-sexe, Fleurs du mâle. Au troisième niveau dans la gorge, une barricade, censure de chasteté imprévue de parcours. Oh mon dieu! L'œil et les sens sont trompés. Franchir l'éternité, traverser le sillon de leurre en seuil, «l'origine du monde», celle dont nous sommes tous issus. Cercle vicieux, ciel étoilé, épiphanie. Défloration, immaculée conception, libertinages d'expression! Deux volées (volets), envolée.

 

Patrick est dans son perfectionnisme un ingénieur de la Mine en perpétuelle exploration artistique. Son approche du crayon de couleur est celle d'un scientifique: rigoureuse, détaillée, aboutie. Le geste graphique qui fait la spécificité du dessin se fond dans la texture invisible de la cire sans laisser d'effet de trace spécifique, de voix identifiée. Le pigment l'emporte sur la pointe pudique ou réfractaire. Le mimétisme troublant nous fait douter du médium. Neutralité et dualité s'entremêlent. Le crayon est subordonné à l'effet recherché de matière dans lequel il s'incarne, il transgresse en retrait, masqué, secret. On oublie le dessin manuscrit, on lit sans souci du support, ni du son. Pas de graphe revendiqué, de repentir réel, de gestation perceptible, de fibre nerveuse, plutôt un effet miroir uniformisé, un hyper réalisme imaginaire porté à l'écran, une illusion platonicienne qui interpelle. La force de l'artiste consiste à nous projeter dans les pièges ludiques de la visibilité sans rien exhiber. Son individualité n'est pas dans le trait, l'écriture, mais dans la médiation, la projection d' image métaphorique, la mise en scène, la démonstration sans trucage, entre utopie, parodie, fantasme. Virtuose en matière de technique, la sienne, l'artiste travaille depuis quelques mois sur la liberté d'expression, un paradoxe révélateur tant la mine est contrainte et consentante. Liberté en rapport avec les sujets d'actualité mais aussi liberté en matière de support, bloqué dans la mine, et en matière d'espace du dessin. Voilà un papier qui fait sa Révolution! On passe de Germinal au méta Floréal. L'artiste aborde le papier comme matérialité, objet de la réalité, dans sa transversalité, sa mise en forme, de vrais et faux déchirements, des projets de collages, d'extensions hors cadre.

 

Retour sur un Jeu deux mains, qui se prolonge ici à travers le support: faut-il ou non faire mine de, démurer le papier, miner en profondeur et passer de l'autre côté, d'un espace figé à un non lieu ? Alors que le papier disparaissait dans ses premiers dessins recouverts jusqu'à saturation par des mines dévoratrices, c'est peu à peu ce même support qui s'émancipe, se soulève. On passe d'un ciel bas et lourd comme un couvercle à une terre à ciel ouvert, un mur virtuel qui rappelle le support papier fortifié désormais affranchi, ouvert aux quatre vents, aux germinations. 

 

Un archipel de pétales effeuillés nous propulse dans l'entrouvert, l'arrière-pays, la réalité avec ou sans paravent, tout un processus créatif, métaphorique, le pouvoir générateur de la page blanche, son en deçà, son au-delà, aux lueurs d'espoir.

Dessus dessous ... "Seconde tentative" 2017
Dessus dessous ... "Seconde tentative" 2017

Un archipel de pétales effeuillés nous propulse dans l'entrouvert, l'arrière-pays, la réalité avec ou sans paravent, tout un processus créatif, métaphorique, le pouvoir générateur de la page blanche, son en deçà, son au-delà, aux lueurs d'espoir.

 

Marie-Hélène Barreau-Montbazet

Vice-présidente de Maecene Arts 

Docteur en histoire de l'art

Oeuvres, livres ... disponibles sur la boutique en ligne


Patrick ROGELET l'huile au crayon


Une virtuosité extraordinaire, du grand Art, un médium rare à promouvoir, le crayon de couleur.  Patrick ROGELET excelle. Patrick intègre les artistes référencés Maecene Arts en 2013.

 

Patrick ROGELET est né le 5 août 1966 à Toulon et vit près de Cognac. Autodidacte, c'est en 1986 qu'il décide de se lancer exclusivement dans cette technique. Le mélange des cires de couleurs prend peu à peu l'aspect de la peinture et le dessin disparait. La peinture  au crayon est née, première approche. A la vue des dessins de Patrick ROGELET, on peut très naturellement s'interroger et réfléchir sur les correspondances entre le dessin et la peinture. On perd un certain nombre de nos repères tant ses dessins s'apparentent davantage à la peinture à l'huile qu'au dessin traditionnel. Une pure illusion ...

 

La première approche s'accompagne en toute logique d'un certain nombre de questions: Quelle est la nature de l'œuvre? Quelle est cette technique? Où situer parfois la frontière entre la vraie réalité et le dessin en trompe-l’œil qui trouble nos sens? Autant d'interrogations qui tout en étant légitimes feraient presque oublier qu'il s'agit avant tout d'un art et non d'une technique aussi virtuose soit-elle dans sa maîtrise. L'artiste entretient qui plus est cette forme de désorientation en jouant volontiers de cette illusion d'optique y compris au travers parfois de la thématique ("L'huile aux crayons" 2008 en est un bon exemple entre autres). Patrick ROGELET revendique lui-même vouloir obtenir un "effet peinture" dans ses dessins.

 

Quelques remarques dans ce domaine pour clore provisoirement la question, avant d'aller un peu plus loin. Contrairement au dessin traditionnel, le geste disparaît, le crayon n'écrit pas, il lubrifie et sature peu à peu le support papier. Ce mode d'expression n'a ici ni la spontanéité, ni la relative rapidité du dessin, bien au contraire, et le repentir n'existe rapidement plus pour ne pas dire pas du tout. La gomme sert à texturer et non à effacer. 

An extraordinary virtuosity, a medium rare to promote, the colored pencil. Patrick ROGELET excels.

C'est un dessin in fine très pictural qui repose sur une trame linéaire compositionnelle. Un mouvement initial esquissé, léger, qui se précise et s'étoffe peu à peu au fil des étapes. Le crayon de couleur s'impose sur la mine graphite noire et dépose d'une main patiente des voiles aériens de couleurs qui vont s'intensifier, se nuancer à travers les stratifications successives. Des détails d'une minutie ostensiblement remarquable, l'illusion d'une tridimensionnalité, soulignent avec insistance et authenticité l'extrême virtuosité de l'artiste, son souci de perfection stylistique, d'hyper réalisme.

 

Au-delà d'une forte impression en partie liée au fait que nous ne sommes pas accoutumés à cette facture, cette forme d'expression aux crayons, c'est le dessin sur le plan purement artistique qui nous intéresse avant tout. Un univers à part entière dont on ne perçoit en tant que contemplateurs que l'aboutissement mais dont l'action comprend comme dans tout dessin, une atmosphère spécifique à ce médium, la sonorité rituelle et envoûtante de la mine de l'instrument, ses chorégraphies et frottements spécifiques sur le support. C'est bien de dessin dont nous parlons et il n'a rien à envier à la peinture même s'il s'en rapproche comme certaines peintures semblent être dessinées plus que peintes.

 

Des surfaces veloutées et luisantes qui donnent envie d'être caressées. Une perception entre rêve et réalité, un rendu subtil des volumes, des matières. Beaucoup de sensibilité, de délicatesse, une touche parfois poétique et mélancolique, une vitalité frémissante et troublante. La constatation d'une certaine disparité thématique laisse penser qu'après avoir plastiquement démontré les étendues illimitées du potentiel de ce médium dans un style dont il est le créateur, l'artiste cherche maintenant à déployer dans cet espace sa créativité artistique personnelle, son imaginaire, indépendamment des commandes auxquelles il doit répondre.

 

Laurent CADEAU

Président de Maecene Arts

Les articles sur Patrick ROGELET


"Duel" 2014 (74 X 94 cm)
"Duel" 2014 (74 X 94 cm)

On peut difficilement ne pas tenir compte d'un titre lorsqu'il existe, surtout lorsque l'artiste le revendique et lui donne une suite. Ce que Patrick ROGELET qualifie de "Duel" est révélateur d'un conflit intérieur personnel qui résume ouvertement ses préoccupations, son cheminement créatif de "peintre aux crayons" ...

Les expositions et la presse

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