Les expositions et la presse


Pierre BERNOTTE invité du Pigonnet à Aix en Provence


Christophe LAMBERT invite Pierre BERNOTTE en 2017 dans son écrin 5 étoiles du Pigonnet à Aix en Provence.

Expositions "Rétrospective 2016" Brive et Bordeaux


Exposition Pierre BERNOTTE Brive 2014


Cette exposition a été organisée en novembre 2014 par Maecene Arts  avec le concours de Véronique BERNOTTE à la chapelle Saint Libéral de Brive, en partenariat avec le Musée Labenche. Intégrée au programme officiel de la Foire du Livre de Brive, elle a accueilli 2500 visiteurs avec Jean François KHAN en guest star.  Elle ne prétendait pas présenter de façon déjà raisonnée l'artiste et son oeuvre, ni même vraiment une partie de son oeuvre, comme on pourrait s'y attendre. L'ensemble de ses créations est beaucoup trop vaste et multiforme, nous manquons de visibilité, de recul.

 

L'atelier de Pierre BERNOTTE est ouvert depuis 2014 et nous sommes très loin d’avoir fait le tour de tout ce qu'il renferme en matière d'art et de documents, plus d'un millier de toiles, dessins, aquarelles, sculptures et autres créations qui donnent l'impression qu'il y a plusieurs artistes en un.

Nous avons montré ici de manière volontairement vagabonde quelques germes, les embryons des premières découvertes en cours, une première approche qui se poursuivra au fil des mois à venir.

 

C'est donc un filet à peine jeté à la mer ... Des écrits importants surgissent sur les plans historique et artistique. Ils attestent que Pierre BERNOTTE tint un rôle, sinon majeur tout du moins riche et nourri, pendant les années liées à la seconde Guerre Mondiale. Son cadre de création est à Limoges, lieu de refuge ou d'exil pour un certain nombre d'artistes.

Ses créations très éclectiques attestent d'influences multiples qui fécondent son art, d'échanges réguliers avec des acteurs phares tels que Raoul HAUSMANN, Jacques LIPCHITZ, MAN RAY, KAHNWEILLER.

 

Ce qu'on pouvait voir là n'est qu'une part infime du bouillonnement créatif de Pierre BERNOTTE.

Il nous faudra plusieurs mois de travail avec sa fille Véronique pour rassembler tous les éléments, ouvrir des thèmes de réflexion, déterminer la nature et la profondeur des liens humains, des rapports intellectuels et créatifs entre des intervenants que l'on voit peu à peu ressortir.

 

Le parcours de l'exposition s'articulait autour de peintures, dessins, sculptures. Nous avons présenté aussi les manuscrits en rapport avec le film "L'homme qui a peur des bombes" réalisé par HAUSMANN et BERNOTTE dont ils se disputèrent la paternité. Ce court métrage a été projeté dans la Chapelle Saint Libéral grâce à la collaboration du Musée d'art contemporain de Rochechouart.

On avait choisi de présenter quelques déclinaisons de visages en peintures, dessins et sculptures.

On y retrouvait des racines identitaires spécifiques mêlées d'influences stylistiques parfois très prononcées.

 

Regardons dessins et peintures, seul l'essentiel est évoqué :

– Des pupilles noires dilatées quelquefois dépourvues d'arcades sourcilières. Des orbites profondes comme des abîmes, qui ne dévoilent aucun regard extérieur.

– Des lèvres minces et closes, parfois un nez à l'arête rectiligne, des joues sans pommettes, des cheveux en constellations.

– La courbe partielle d'une figuration reconnaissable qui peut tendre vers l'abstraction.

D'où viennent cette pâleur, ces visages silencieux, épurés, aux tonalités nébuleuses, franches, vermillonnées, ces projections troubles, lumineuses, aussi impassibles qu'émouvantes ?

 

Des traces figurées, fossilisées, des fantasmes diffus, l'écriture imageante de vers picturaux d'une profonde humanité. Des visages souvent impénétrables, dissimulés ou fardés.

 

On sent le trait fugitif, abrupt. Il cerne, accentue, révèle ou suggère le reflet théâtral de l'être en devenir, parfois sans consistance, d'une identité mystérieuse, imprévisible, qui se cherche dans et à travers l'art.

 

On est séduit par ses toiles blanches, silencieuses, d'une plasticité linéaire, scripturale. Des textures sensitives, des jeux de lumière subtils entre craquelures et plissés, lavis à peine teintés. 

Une galerie de faces imaginaires et poétiques, sans modèle, qui s'apparentent sous certaines formes à des masques, des spectres, des caricatures, des visages expressionnistes, fauves ...

Des orchestrations de différents instruments, une portée spirituelle de la lumière, des recherches entre couleurs et contrastes, quelques vis à vis.

Tout n'est pas exposé mais on retrouve suivant les oeuvres des inspirations qui peuvent sembler incohérentes tellement elles sont diversifiées: des traces d'académisme, des résonances de MODIGLIANI (en particulier son portrait de LIPCHITZ), de MATISSE, PICABIA dans ses procédés par taches et éclats d'encre, les visages de ROUAULT, MASSON, GIACOMETTI, PICASSO, FAUTRIER, des esquisses qui rappellent DAUMIER, des formes empruntées à l'art primitif. Il est très influencé, réceptif, tout en restant lui-même et créatif, difficile à cerner, inclassable.

Les sculptures font penser à GIACOMETTI, ARP, MOORE, BRANCUSI, FAUTRIER …

 

Une oeuvre dynamique qui n'est pas circonscrite à un style. Une communication théâtrale, différents langages, différents vecteurs, des adaptations, des déplacements, des traductions, des remises en question permanentes.

On est confronté à une « polyphonie » artistique. L'artiste crée, improvise, expérimente avec une soif inextinguible. 

 

Marie-Hélène BARREAU MONTBAZET

Vice-présidente de Maecene Arts

Docteur en histoire de l'art